25-05-2025 : catégorie morale étiquetée le moi, ego, soi
La morale provient-elle de préceptes... ?
Est-elle typiquement humaine ? Si oui qu'est-ce que cela implique et si non qu'en observe-t-on dans le règne animal ?
Et dans les communautés humaines jusqu'où a-t-elle sa place ? Que fait un tel sujet dans un blog de science ?
Nous ne traiterons pas directement les réponses à ces questions, mais les lecteurs attentifs les trouveront sans peine.
Quelle est la définition de la morale ?
- Ensemble de règles de conduite, considérées comme bonnes de façon absolue ou découlant d’une certaine conception de la vie : Obéir à une morale rigide.
- Science du bien et du mal, théorie des comportements humains, en tant qu’ils sont régis par des principes éthiques.
Définitions : morale - Dictionnaire de français Larousse
Nous voilà bien avancés… : soit des règles (à suivre, donc), soit une « science » manichéiste ! Morale individuelle, sociale, politique. Morale de la science ou science morale. La morale est-elle une question de religion, de religiosité, de libre-arbitre ?
Foin donc ce genre de définitions qui servent un humain robotique (sclérosé...) :
À mon sens la morale vient du plus profond de soi comme une petite voix au-delà de celle de la conscience. On l’entend ou pas, elle passe dans nos actes ou pas. Elle vient de là où l’on est intimement « humain » !
Mais c’est quoi être humain, c’est quoi un « être humain » ? Est-ce que tout le monde est humain dans la sphère humanité ? Oui, on est en droit de se poser ce genre de question quand on regarde les actualités du monde depuis nous, individus, jusqu’aux limites de la planète au moins, c’est-à-dire la zone que l’humain a investie ; on peut arrêter la planète à la sphère des déchets satellitaires par exemple, au-delà ce n’est plus humain, c’est pionnier !
En ce qui concerne l’individu, le soi est dans le doute qu’on peut avoir d’agir juste pour soi, pour autrui, pour la nature… Je ne suis pas persuadé que promouvoir à tout-va que l’humain est un animal arrange quoi que ce soit vis-à-vis de la nature : les animaux la respectent sans l’exploiter parce qu’ils sont sans conscience de sa globalité et des éléments en jeu dans son équilibre.
L’humain, et cela toute consciente qu’il en ait, exploite ces éléments sans aucun respect c’est-à-dire sans tenir compte des déséquilibres que son exploitation induit contre la nature.
Si l’humain est un animal alors qu’il le soit jusqu’au bout, sans chercher à se développer, à s’enrichir, sans exploiter des franges entières de sa population.
Si l’humain n’est pas un animal, alors qu’il se conduise en hôte respectueux de la grande maison qui l’accueille. La morale est là… jusque dans l’image qu’il se donne de lui-même, non pas sous forme de règles, mais dans la croyance qu’il a en lui ; capacités et aptitudes suivront.
En soi bien sûr. Soi, déjà, ce n’est pas le corps… Le soi a affaire avec le corps. La conscience s’accomode du corps et le soi peut agir sur sa conscience bien plus que sur son corps.
Pour cela il se donne des règles. Elles ne sont pas la morale. Pour que celle-ci existe, prenne pied, s’assure une position, il faut qu’elle naisse librement. Tout contrainte la réduit. J’agis juste et avec respect parce que je le veux. Je le veux non pas avec ma tête et sa conscience, mais avec moi, avec le fond de mon être, avec ce qui m’a donné l’aptitude d’être humain et non pas moustique ou salade. Ce qui me sert de base se révèle alors comme le but à atteindre.
Excellente question ! (Il est bon parfois de se féliciter un peu, en toute humilité et sans éclat…)
La science vise la compréhension du monde et son amélioration, enfin surtout celle des conditions de vie de l’humain, voire des ambitions personnelles…
Ça y est, vous voyez directement le rapport entre science et morale juste en comprenant la phrase précédente.
« En comprenant » veut dire « en prenant avec », en faisant de la chose une part de vous, en sentant ce que cela concerne chez vous, c’est-à-dire en réalisant ce qui est déjà au fond de vous.
Un être humain naît peut-être exceptionnellement mauvais (je ne le pense pas), par contre il peut le devenir par le reflet e lui que ses parents lui donnent, les reflets que l’école lui donne de lui ou ceux qu’elle se donne mission de lui inculquer, les reflets de lui que la société et son "fonctionnement" lui renvoie.
Il peut aussi devenir mauvais par tout ce que science et technologie lui offrent et face à quoi il doit apprendre à se situer, par tout ce que la science et la technologie soumettent à sa corporéité qui ne fait pas partie de lui. Notre corps ne doit-il pas s’adapter en permanence à tout un tas de substances pour lesquelles il ne possède aucun moyen de traitement ?… Ces substances l’affaiblissent, troublent sa conscience.
La morale vient avec lui du fait de sa nature humaine mais beaucoup de "choses" sont avides de lui faire oublier ce qu’il est, sa vraie nature, son ambition d’être humain et celle d’être tout simplement.
La science vraie doit encore venir, se faire une place. Le problème est que cette science ne se veut pas réductionniste autrement que dans la simplicité des moyens d’observations qu’elle peut proposer. Actuellement, ce n’est pas le cas : tout le monde a le choix entre rester ignorant, croire ce qu’on lui dit sans le comprendre ou chercher à comprendre ne serait-ce déjà que ce qui l’entoure sans penser quarks ou trous noirs, énergies noires etc..
Voilà, la boucle est bouclée… Tous les éléments des définitions de la morale y sont passés, et ce que je peux vous souhaiter, c’est juste l’ouverture nécessaire pour les sentir du dedans. Ce n’est pas forcément acquis ni facile. L’enfant qui grandit trébuche et fait l’effort de se relever jusqu’à ce qu’il y arrive. À quoi ? Mais à ceux à quoi il tend du plus profond de lui-même.
Eh oui… se mettre debout pour connaître le monde est une exception fondamentalement humaine… c’est aussi le moyen de se connaître soi-même, aussi si notre corps semble vouloir nous faire croire le contraire ou l’impossible : c’est surtout dans l’âme qu’on arrive à se mettre debout.
Images non sourcées : (C) Patrick Roussel